Oh non coach ! Pas une séance Véhèma !!! (VMA)


Sous cette appellation de séance se cache bien sûr les termes de « VMA » pour « vitesse maximale aérobie ». Elle correspond à la vitesse de course à laquelle notre consommation d’oxygène est maximale lors d’un effort. Concrètement, elle correspond donc à une vitesse de course très intense que nous sommes capables de tenir uniquement quelques minutes en fonction du niveau de chacun. Bien entendu vous avez toutes les semaines des séances qui correspondent à un travail à la VMA… mais finalement ça sert à quoi ?? En théorie cela sert à faire progresser notre capacité aérobie maximale qui est effectivement un paramètre clé du demi-fond et également du fond. En effet, en compétition, plus notre VMA est élevée et plus nous sommes performants. Ce paramètre est vraiment crucial, essentiel, puisqu’il permet de courir vite, à une intensité élevée, sans produire trop de lactate. Malheureusement, trouver sa VMA est plus compliquée qu’il n’y parait, car il est très facile d’être au-delà de son maximum aérobie, et donc de courir plus vite que sa VMA « utile ». Quel est le risque ? Et bien de créer trop de lactate et de réaliser une séance très/trop fatigante, trop en résistance et pas assez en endurance (voir ci-dessous).

Vous l’avez compris, paramétrer ce type de séance est compliqué notamment pour deux raisons :

- La première, c’est que la VMA caractérise UN coureur et pas LE groupe de coureur. Dans un entrainement de groupe, sur ce type de séance, la personne qui donne l’allure sera généralement à peu près à sa VMA (bien que souvent déjà au-delà), mais les autres, qui tirent la langue derrière, travailleront souvent bien au-delà de leur VMA, qui est, en plus, souvent surestimée (voir plus loin). Les conséquences ? Une fatigue physique et mentale importante à la fin de la séance. On met 2 ou 3 jours à s’en remettre. Si cela se reproduit chaque semaine, il peut s’installer une fatigue chronique qui augmente semaine après semaine. Les séances se suivent et deviennent de plus en plus dures. Les progrès se font attendre… On peut même régresser dans ses performances….. Bref, une séance VMA est une séance « piégeuse » et pourtant très souvent utilisée.

La deuxième raison essentielle est la détermination de sa VMA. Plein de tests existent. Pour ma part, je les trouve « piégeux » pour presque 100% d’entre eux. Pourquoi ? Parce qu’ils surestiment généralement ce que j’appellerai la « VMA utile » aux séances d’entrainement, puisque en l’occurrence il s’agit bien de trouver une vitesse utile à son entrainement, pour progresser vite et régulièrement.

Pourquoi piégeux ? Et bien parce que nous pouvons atteindre notre VMA à différentes vitesses de course suivant le type de test. Prenons l’exemple extrême d’une coureuse de 800m. Dès 300m de course et donc par exemple au bout de 54sec, celle-ci aura atteint sa VO2max (donc sa vitesse max aérobie). Elle l’aura donc atteint à 20km/h. Sa VMA sera donc de 20km/h. Naturellement cette valeur est complètement fausse et surestimée. Nous voyons bien qu’au-delà d’une certaine vitesse de course, nous finirons toujours par atteindre notre VO2max, ce ne sera qu’une question de temps… Nous pouvons donc atteinte notre VMA pour des vitesses très différentes. Bien entendu j’ai donné un exemple extrême. Les tests sont généralement conçus pour durer entre 3 et 15 minutes. Mais clairement, cela donne des vitesses approximatives et quasiment toujours surestimées. Pour ma part j’ai ma façon de faire pour définir la VMA de mes coureurs/coureuses. Pour ce qui est des tests classiques, je trouve que le demi-cooper (faire le maximum de distance en 6 minutes sur piste) est un test assez fiable, mais qui a tout de même tendance à surestimer (un peu) la VMA «utile » à son entrainement. D’autre part ce test demande une certaine habituation et est dure à supporter pour les coureurs non aguerris à ce type d’effort.

Pour ce qui est des autres tests, je vous en remets certains ici rapidement mais vous pourrez trouver facilement leur descriptif sur internet. Les tests d’effort (sur vélo ou tapis) en laboratoire mesurent la VMA, mais elle est très surestimée. Ce test est surtout utile pour « vérifier » sa bonne santé (je vous le conseille fortement après 40 ans). Il existe également le Luc Leger Boucher, qui est très utilisé dans les clubs mais qui surestime la VMA. Il existe également des correspondances entre son meilleur chrono sur une distance et une certaine VMA. Là encore, les correspondances ne sont pas bonnes et surestiment la VMA.

En résumé, la VMA est un paramètre clé pour progresser en course à pied, mais malheureusement sa détermination doit être individualisée au maximum. Sinon celui-ci devient une source d’erreurs et le danger est alors de s’entrainer à des intensités trop importantes lors de ces séances, ce qui fait que l’on ne travaille plus en endurance max mais en résistance. Il s’ensuit des problèmes de surentrainement et une stagnation, voire une régression dans les performances, ce qui fait mal au moral… Au-delà de la détermination de sa VMA, ce qui est essentiel, c’est de dégager des objectifs précis, en termes de course et de vitesse.

SI vous avez des questions ou des remarques, n’hésitez pas à nous contacter.

Dr Joffrey ZOLL

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